FUN 2017 = Brive2 2


Île de Kamuchi, jour 61 :

La tempête dure depuis une éternité, peut être bien que les Raijus eux-mêmes nous ont maudit. Pas un seul moment de répit, le vent siffle sans arrêt et toutes les sondes sont hors service, prises par le givre. Toutes les communications avec l’extérieur sont coupées, la navette d’approvisionnement n’arrivera pas avant trois semaines, le temps de déblayer les 170 kilomètres de route depuis le port de l’île jusqu’ici. Ceci fut notre dernier échange avec le reste de l’équipe. Nous attendons maintenant depuis plus d’un mois, 34 jours pour être précis. Les générateurs d’énergie sont bloqués, les batteries presque épuisées. Le système d’urgence a réduit le chauffage au minimum nécessaire, trop si j’ose dire.

Île de Kamuchi, jour 62 :

En réalité, j’écris ceci bien après le jour 62. Les événements qui s’y produirent dépassent l’imagination de la plus part des Hommes. Pendant la nuit, la tempête se déchaîna comme jamais, après plusieurs jours d’absence, la pluie reprit pour se transformer en grêlons. D’abord petits, ils grossirent jusqu’à briser les vitres de la face nord de la station. Nous fûmes alors réveillés par un froid glacial qui nous prit jusqu’aux os. Nous condamnâmes alors les trois secteurs touchés. Pendant que nous tentions de récupérer le plus précieux, tel que la nourriture ou encore des outils et surtout nos rares résultats de recherche, ma fille remarqua que l’océan au loin ne paraissait plus gelé, toute la glace avait disparu. Elle me dit avoir entrevu à travers la neige, la pluie et la grêle, qui par chance n’était plus aussi violentes qu’auparavant, quelque chose s’agiter dans l’eau. Je ne sais pas si je l’ai crue mais j’ai néanmoins tenté de la rassurer en lui répondant que la vue était très brouillée par la météo. A 6 heures du matin tout était gelé pour de bon.  C’est alors vers 8 heures qu’ils vinrent nous chercher. Les terribles Raijus, nous n’étions même pas sûrs de leurs existence au début de l’expédition, nous les rencontrions enfin. C’était comme s’ils voulaient balayer la station et l’envoyer dans les airs puis finalement laisser ses restes se perdre sous la neige. Leurs cris résonnaient dans chaque pièce et dehors, dans toute la vallée, l’écho se perpétuait étrangement longtemps. Soudain la terre se mit à trembler, d’abord par de faibles secousses séparées puis constamment. Il n’y avait plus rien en ordre à l’intérieur, on se serait cru dans un dépôt abandonné. Puis une secousse colossale acheva la structure déjà affaiblie du laboratoire. Les murs s’écroulèrent les uns après les autres, le ciel tourmenté apparu sous les décombres du plafond. C’est alors qu’un débris m’immobilisa en m’écrasant les jambes. Rien à faire, c’est bien trop lourd. Ma fille n’était plus à coté de moi, j’ai sûrement du m’évanouir, je ne le sais même plus. J’essayai alors de joindre ma fille, après un interminable moment sans réponse sa voix m’apaisa. Elle était en train d’essayer d’appeler le CC9. Rescue Bot CC9 était un robot d’urgence programmé pour sauver le personnel dans les situations d’urgence. Je lui dictai alors la procédure à suivre, car seule, elle n’en était pas capable, le matériel à disposition était trop rudimentaire. Après cela, elle me rejoignît. CC9 était en route mais les obstacles étaient nombreux, nous ne savions pas combien de temps il lui faudrait pour nous rejoindre, plus d’une demi heure, pensais-je alors mais il fallut attendre au moins deux heures. Pendant ce temps, la présence de ma fille me fût d’un secours plus qu’estimable. Le robot arriva enfin, il était peut être 11 heures, peut être plus, je ne sais pas. Le robot réussit à me débloquer, mes jambes étaient douloureuses comme jamais mais par chance je pouvais encore marcher doucement. Nous sortîmes tant bien que mal de la station, sans l’aide du CC9, cela n’aurait pas été possible. Une fois dehors, malgré nos couvertures de survie, le froid nous mordit la chair jusqu’à la douleur. Alors que nous nous éloignions de la station, des cris aussi funestes que puissants retentirent dans notre dos. Des créatures comme venues des enfers détruisirent ce qu’il restait de la station dans un immense déluge de foudre, de glace et de flammes. Les Raijus ont tout balayé, ils ont voulu notre fin, je ne sais pas par quel miracle nous sommes encore en vie…

 


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